De l'art contemporain à l’Opéra de Tours
Exposition des diplômé·es 2026 de TALM-Tours du 3 octobre au 15 novembre 2026
L’Opéra de Tours accueille l’exposition des jeunes artistes diplômé·es en 2026 de l’École supérieure d’art et de design TALM-Tours.
Du 3 octobre au 15 novembre, découvrez une sélection de pièces réalisées par les jeunes artistes diplômé·es en juin dernier du master Art et du master Sculpture, Espace, Société dans les espaces accessibles au public à l’Opéra de Tours.
Cet événement est l'occasion pour les habitant·es de Tours et Tours métropole de venir découvrir les projets artistiques réalisés par les étudiant·es tout au long de leur cursus en DNSEP, Diplôme national supérieur d'expression plastique - valant grade de master Bac +5.
Parmi les pièces qui seront exposées, le public pourra découvrir des pratiques artistiques contemporaines à travers de la sculpture, de la peinture, de l'installation sonore, etc.
Nouveau partenariat
Avec cette exposition, TALM-Tours inaugure un nouveau partenariat avec l'Opéra de Tours. Les deux structures ont la même ambition : soutenir la jeune création artistique. C'est donc par cette collaboration que l'Opéra et TALM-Tours souhaitent faire dialoguer patrimoine et création contemporaine.
"Faire entrer une nouvelle génération d'artistes au sein de cette institution culturelle emblématique qu'est l'Opéra de Tours, et créer ainsi un véritable pont entre les arts : telle est notre ambition.
Nous souhaitons ce partenariat vivant. Il doit permettre d'aller à la rencontre des publics, comme le souhaite l'Opéra, et de nouer de nouveaux liens avec les acteurs culturels tourangeaux, une priorité pour l'École supérieure d'art et de design TALM-Tours. À travers cette exposition, je suis particulièrement heureuse de partager avec les publics le regard de nos jeunes artistes diplômé·es, déployé dans les galeries de déambulation qui se métamorphosent, le temps d'un mois, en espaces d'exposition.
Premier acte d'un partenariat que nous aurons plaisir à poursuivre et à vous faire découvrir."
- Marie-Madeleine Gay, directrice de TALM-Tours
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Habiter l'instable
exposition des diplômé·es 2026 de TALM-Tours
L'instabilité, ou mieux la déstabilisation a longtemps été une valeur artistique, culturelle et politique portée par les artistes modernistes et avant-gardistes. Une gifle au goût du public fut même le titre d'un manifeste futuriste en 1911, signé par des peintres et des poètes russes et ukrainiens qui opposaient les « nouveaux canons » de la déconstruction et de la « destruction créatrice » aux conventions académiques de l'harmonie et de la composition ordonnée qui caractérisaient la culture dominante. Cette dimension oppositionnelle et contradictoire, doublée d'une volonté de s'affranchir et de dépasser les limites esthétiques et morales afin de concevoir de nouvelles formes d'art et de vie, a nourri tant de mouvements artistiques au vingtième siècle, du futurisme et du constructivisme aux différentes branches néo-dadaïstes qu'il serait vain de vouloir tous les nommer ici.
Un des grands troubles que nous vivons aujourd'hui réside dans une reprise de ces valeurs par des acteurs industriels, technologiques et politiques, situés idéologiquement à l'opposé des positions exprimées par les artistes, poètes, autrices et musiciennes modernistes et d'avant-garde. La destruction créatrice est ainsi aujourd'hui, dans sa version soft (la disruption d'un marché ou d'une méthode de management) comme dans sa version hard (le transhumanisme techno-fasciste) qui peuvent se combiner, promue comme une valeur de transformation radicale de l'humanité et de nos humanités, du vivant et de nos rapports au vivant. Utopies et dystopies se renvoient la balle, telles deux faces de la même pièce, les récits s'affolent, des perspectives s'ouvrent pour les déjà puissant·es, se bouchent pour l'immense majorité des individus qui subissent déjà les effets de ces bouleversements.
Aussi, la création artistique contemporaine, dans tous ses domaines et médiums, semble désormais plus affairée à questionner les états des lieux, à prendre soin des lieux, des environnements, des personnes et des communautés diverses affectées par les ressacs conservateurs et fascisants, par les atteintes portées aux droits, aux environnements et aux différentes formes du vivant. Nos étudiant·es n'y échappent pas, bien au contraire. Leurs pratiques, recherches et propositions artistiques témoignent de nécessaires reformulations esthétiques et éthiques par rapport aux différentes situations d'instabilité et de chocs émotionnels vécus, au rythme des informations qui égrènent, du matin au soir, du proche au plus lointain, de nouvelles raisons d'inquiétude, voire de sidération.
L'instabilité est désormais une donnée, un état environnemental reconnu par tou·tes, dans lequel il s'agit désormais d'y voir plus clair pour pouvoir engager des gestes, des actes, des procédures poétiques, des propositions artistiques qui résistent à l'hypnose de l'actualité et génèrent des désirs de transformation et de métabolisation positives. Une nouvelle forme de romantisme semble désormais possible, en résonance avec le romantisme historique – il était déjà question de réponse à une crise et à un sentiment de désenchantement du monde à l'époque -, mais actualisé au regard des enjeux écologiques, sociaux, culturels et sanitaires contemporains. Aux troubles du temps et aux affirmations testostéronées de certitudes, peuvent répondre l'intensité poétique d'œuvres troublantes et fortes de leur propre incertitude.
- Tristan Trémeau et Vincent Voillat
professeurs, coordinateurs des 5e année Art et SES 2026, et co-commissaire de l'exposition Habiter l'instable
Exposition d’art contemporain à l’Opéra de Tours
Exposition des diplômé·es 2026 de TALM-Tours
du 3 octobre au 15 novembre
Vernissage : vendredi 2 octobre à 17 h
Opéra de Tours
34, rue de la Scellerie – 37000 Tours
CONTACT
02 47 60 20 00
operadetours.fr